vendredi 25 février 2005 à 04:19
:: Ukulélé
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Une histoire qui est intrigante et émouvante assez, c'est celle du ukulélé en France, parcequ'elle semble si anecdotique et est restée si négligée. Dans les années 20-30, la vague avait traversé les Etats-Unis et l'Atlantique jusqu'à nos côtes, où la fabrication d'ukulélés s'était installée. On connait de cette époque les Gelas pour leurs doubles tables célèbres, mais il y eut apparemment bien d'autres marques, peut-être plus de marques que que de fabricants. Grâce aux excellents lecteurs de ce site qui sont gentiment intervenus sur le forum, Nico et Sebastien, j'ai eu le plaisir de découvrir les ukulélés Salabert et je vous invite à partager cette découverte passionante dans la suite.
Nico nous a spontanément présenté son instrument restauré par ses soins, en photo ci dessous:

S'enquerrant d'éventuelles informations qui pourraient compléter celles déjà en sa possession :
-instrument qui semble dater des années trente
-Francis Salabert est une grosse maison d'éditions musicales qui fonctionne toujours, je crois, mais qui fabriquait ces ukulélés et quand ?
-Je pense que la table est en épicéa, bien qu'elle soit assez sombre, le manche en acajou, la touche et le chevalet en ébène, la tête est aussi recouverte d'une feuille d'ébène et il y a une ligne de marqueterie qui va du haut de la tête au bas de la touche. Je ne sais pas encore en quoi est la caisse (je mène l'enquète), mais elle a un filet dessus et dessous fait avec une alternance de deux bois, un clair et un foncé : magnifique travail !
Heureusement, ces outils d'internet ne servent pas tout à fait à rien, Sébastien qui possède le même instrument - pas encore restauré - est intervenu avec tout un tas de renseignements passionnants que je vous livre tels quels et - merci Sébastien - en images s'il vous plait:
Celui que je possède a malheureusement subit les injures du temps (rupture à la liaison manche-caisse avec quelques petits dégâts à l'éclisse gauche) mais je ne désespère pas de le restaurer ... et lui redonner bientôt de la voix!

La caisse des ukulélés soprano Francis Salabert est la copie conforme de celle des soprano Martin (même forme générale, mêmes longueur, largeur, hauteur). Les seules différences sont la hauteur de la caisse qui reste constante (alors que celle des soprano Martin varie légèrement du talon du manche vers l'extrémité opposée) et le diapason qui est plus court d'environ 12 mm sur le Salabert.
- Le manche semble être en bois fruitier (prunier ou pommier?). Placage en ébène de la tête, touche en ébène avec incrustation en partie médiane d'un filet de bois où alterne un bois clair (érable) et un bois brun rougeatre (paddouk ou palissandre)


- Table en épicéa, fond et éclisses en acajou blond. Les bordures extérieures de la table et du fond sont incrustées d'un filet formé d'une alternance d'érable clair et d'ébène noir. La rosace de la table est de même nature que l'incrustation médiane du manche

- Sillet en os et chevalet en ébène
D'après les rares renseignements que j'ai pu avoir, ces ukuleles étaient commercialisés au tout début des années 20 par la société d'éditions musicale Francis Salabert. Comme le pratiquait déjà Paul Beuscher à l'époque, je pense que ces instruments étaient fabriqués par des sous traitants luthiers de la région de Mirecourt.
Le choix des matériaux ainsi que le soin apporté au montage font de ces ukuleles , à mon avis, des instruments de grande qualité.
Pour la qualité Nico confirmait plus haut, ajoutant que le son était à la fois puissant et chaud.
On dit qu'on a les lecteurs qu'on mérite, je crois que j'ai beaucoup plus de chance que ça, I'm not worthy I'm not worthy !
Je terminerai en remerciant encore Sebastien et Nico pour la gentillesse et l'empressement qu'ils ont mis à partager leurs beaux ukulélés et leurs connaissances ; et bien sûr si vous avez des choses à ajouter sur les ukulélés Salabert, n'hésitez pas à le faire savoir !