Le graal des collectionneurs de ukulélé, la pièce mythique, c’est le célèbre Martin 5K. Produit de 1922 à 1940 avec de légères variations (cf la page de Brudda Bu consacrée au sujet), cet instrument a été célébré par la maison The Martin Guitar company avec une réédition qui fit beaucoup de bruit en janvier 2006.
L’instrument étant exceptionnel au moins par sa rareté, sans parler du mythe qui l’entoure, c’est sans hésiter que nous nous ruâmes sans hésiter quand François Charle (http://www.rfcharle.com/) nous invita à venir tester le modèle qu’il allait recevoir.
De cet test hélas trop rapide vous retrouverez donc quelques impressions sur l’instrument, accompagnées d’une vidéo réalisée pour l’occasion.
Découvrez en cliquant ci-dessous quelques clichés et commentaires en complément de la vidéo ci-dessus. D’autres images sont visibles dans la galerie de photographies mise en ligne pour l’occasion.

superbe Martin 5K

En premier lieu précisons les conditions de la rencontre avec ce petit instrument. Fraîchement débarqué dans la boutique, nullement préparé ou réglé, équipé de cordes Martin de la qualité discutable qu’on connaît, le soprano de koa n’était pas près à subir les derniers outrages de nos mains anxieuses.

Il fallait aussi se débarrasser de toute vaine velléité de comparaison, nos sopranos respectivement 50’s et 30’s qu’ils soient zéro ou 3M sont donc restés dans leurs étuis.

Malgré ces conditions difficile et un niveau d’exigence non négligeable, l’instrument a su dévoiler certanes qualités.

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La première vue d’ensemble montre la qualité première de cet exemplaire de 5K : un koa magnifiquement figuré irréprochable. Vous verrez peut-être dans la vidéo la profondeurs des dessins du bois dès qu’on le bouge. Autre détail frappant, un vernis particulièrement brillant sans être épais. La prise en main est une autre surprise, le poids n’étant pas vraiment proche de ce qu’on connait des vieux Martin, sensiblement plus lourd, plus dans ce que l’on rencontre dans les ukulélés d’aujourd’hui.

dos du martin 5K

Le bois du dos comme celui des éclisses est tout aussi magnifiquement figuré, plus beau que pas mal de modèles vintage en Koa (tous styles confondus évidemment).

les éclisses

Les éclisses ci-dessus

martin 5K chevalet

Détail un peu étonnant, la finition du chevalet est matte, on le remarque en collant le nez dessus, cela ne frappe pas dans la vue d’ensemble.

martin 5K inside

À l’intérieur, pas de changement ou presque. Les barrages sont faits comme avant, la marque est là gravé dans le bois

motif de la tête du martin 5K

La tête porte le motif pendeloque ou flowerpot, d’un abalone très coloré qu’on retrouve un peu partout.

repères et filets

Si les repères reprennent les anciens motifs, les filets de la caisse (face et dos) comme de la bouche n’ont pas été exactement repris des modèles anciens. L’abalone est plus épais, les autres filets aussi, on a du coup moins de couches de filets.

tête et mécaniques

Les clefs d’antan ont laissé place à des modèles plus lourds et surtout dorés ! Un choix moins clinquant aurait été sans doute plus élégant.

ukulele martin 5K au grand jour

Ici présenté dans de meilleures conditions de lumière, l’instrument ne perd pas son élégance, le vernis brillant n’empêche pas le koa d’exprimer sa profondeur, bien au contraire

Voilà donc beaucoup de considérations sur l’apparence visuelle de l’instrument, d’abord parce que c’est ce que les photographies permettent de présenter le plus objectivement. Qu’en est-il de ses qualités musicales ?

Qu’on se rassure, la jouabilité et l’équilibre sont évidemment au rendez-vous, tout comme la justesse tout le long du manche. La projection n’est pas la plus incroyable qu’on ait entendue, la couleur du son plutôt dans les medium, mais l’instrument étant neuf pas de quoi s’en étonner. Toutefois la construction ne reprend pas les mêmes standards que la production historique, c’est ce qu’on sent dans le poids de l’instrument, sans doute aussi dans la sensation que les différentes parties sont un peu plus épaisses que dans le temps. L’avenir nous dira ce que ces modèles donneront après quelques années de jeu.

Concernant la douloureuse, il faut reconnaître que l’on paie essentiellement le clinquant, la qualité musicale de l’instrument ne laisse en aucun cas à désirer, mais ne saurait justifier à elle seule le prix de l’objet. L’acheteur paie donc un instrument certes bon, mais surtout la marque Martin et le « privilège » de posséder un instrument rare qui fait écho aux légendaires 5K.

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